mardi 20 septembre 2011

Le sujet de la transformation urbaine.

Notre société a vécu dans les 30 dernières années plusieurs dispositifs de recréation de la ville.
·       La rénovation urbaine, au sens initial, du terme : le principe de tabula rasa appliqué aux quartiers anciens souvent habités par des pauvres. Le principe en est simple : l'application des standards urbains de l'époque, zoning donc non mixité fonctionnelle, urbanisme de dalle donc impossibilité de gestion ultérieure et confusion des statuts, segmentation des populations. Cette politique a été stoppée, plus pour des raisons "romantiques" de protection du patrimoine urbain (loi Malraux) que réellement sociale.
·       La réhabilitation qui est initialement un mot de langue de bois pour dire rattrapage d'entretien et remise à niveau qualitatif (ou au moins thermique) des bâtiments. La déclinaison de ce sympathique concept orienté sur la valorisation et la réparation sociale, s'est déclinée dans les HVS, DSQ, et GPV, produits de la politique de la ville. Déjà en accord avec une ville plus organique dans son dispositif d'action, la réhabilitation rassemble des potentiels de complexité porteurs de qualité mais peu de moyens et une dispersion chronique.
·       le renouvellement urbain, symbolisé par l'ANRU, également nommé rénovation urbaine pour bien marquer l'ampleur du projet collectif. Capitalisant les acquis de la phase précédente mettant des moyens sans précédents en jeu et un dispositif temporel serré pour garantir le mouvement, le renouvellement urbain dans sa versions 2003 reconnait le principe de modification et de remplacement en lieu et place de la réparation. Le réinvestissement est donc plus radical. Simultanément le processus vise à diversifier les sites fonctionnellement et les habitats, les dimensions transports emploi, formation, sociaux sont certes insuffisants mais présent et en cohérence. Le développement raisonné de la ville quant à l'environnement viendra compléter le dispositif. Il en résulte la conscience de l'obligation de mutabilité à terme de chaque élément de base du tissu (la parcelle) et l'abandon de la ville pensée comme achevée.

Désormais le terrain est prêt pour accueillir le principe de la ville en mutation permanente, lente et progressive évidement. De même l'élargissement de ces principes à la ville ordinaire après avoir testé et expérimenté le renouvellement sur les quartiers dit difficile, c'est à dire souvent issu d'une vision artificielle et de situations sociales inextricables est en voie de réalisation consensuelle. Ce sera la transformation urbaine : élément de dynamique urbaine correspondant à la mise en œuvre d'une stratégie globale pour la ville : territoire, organisation et projet sociétal.

Le principe de transformation urbaine est ainsi à la croisée de questions de société, un mode d'interrogation des acteurs et des habitants sur le projet de vivre ensemble donc sur la vision partagée de civilisation urbaine.

Pourquoi notre société en arrive t'elle à réfléchir sur la nature de la mutation urbaine ? Il est possible que les motifs de changements précédents soient caducs : la guerre, l'incendie, la catastrophe naturelle n'existent que très rarement, la violence industrielle est passée dans les pays en cours de développement. Il ne reste donc plus qu'une démarche volontaire et coordonnée pour faire muter le tissu, sauf à croire que le marché y pourvoirait mais c'est une autre histoire.

la question serait alors celle du passage du renouvellement urbain unique à la transformation urbaine en continu donc sur la capacité de la ville à se modifier d'elle même.

Pourquoi la France de propriétaires de Nicolas Sarkozy n'a pas vu le jour - LeMonde.fr

http://mobile.lemonde.fr/politique/article/2011/09/14/pourquoi-la-france-de-proprietaires-de-nicolas-sarkozy-n-a-pas-vu-le-jour_1571732_823448.html

LeMonde.fr : Depuis 2008, la moitié de l'humanité vit en ville

Depuis 2008, la moitié de l'humanité vit en ville
2011/08/18 | 07:23:25 | LE MONDE Grégoire Allix
Le rapport biennal d'ONU-Habitat met en avant la très forte croissance urbaine des pays du Sud.
Retrouvez l'intégralité de cet article sur LeMonde.fr :
http://www.lemonde.fr/tiny/1110191/
Jean Werlen depuis son tel portable
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jeudi 25 août 2011

Immobilier et économie

Savez-vous qu’en 1958 un logement valait en moyenne 70 loyers et que 40 ans plus tard, en 1998, il fallait dépenser en moyenne 133 loyers pour devenir propriétaire ? Savez-vous qu’en 2008, au plus haut de la bulle, un logement coutait en moyenne 262 loyers et que les prix étaient surestimés de 80% ?
Source : http://indicateurs-immobilier.over-blog.com/article-alain-bechade-l-immobilier-veritable-valeur-refuge-79793662.html

mardi 2 août 2011

La question de la qualité architecturale dans les Projets de Renouvellement Urbain

La qualité architecturale est, de l'avis unanime, indispensable dans les opérations de renouvellement urbain.

Comme sur tout autre territoire, l'absence de qualité architecturale s'apparentera à un manque évident de soin et d'attention, donc sera perçu comme une manifestation de mépris à l'encontre des populations qui y sont domiciliées. Le consensus en faveur de son expression est donc fort.
La question de la définition se pose de manière plus complexe. Pour tenter une approche constructive et, un peu, objective, il est nécessaire de diviser la réponse en deux parties suivant des sujets bien différents. L'évaluation de la qualité architecturale d'une résidence, n'est pas identique à celle d'un ensemble urbain, par exemple un ilot ou un quartier. La qualité architecturale intrinsèque à un objet bâti n'est évidement pas obtenue en niant son environnement mais néanmoins les caractéristiques d'usage, de mutabilité, comme celles de la signification et de la lisibilité, de la forme et de la fonction comme de l'époque, sont bien propre à l'ouvrage. Elle se construit dans un dialogue qui, sans être introverti, associe prioritairement le maitre de l'œuvre et celui de l'ouvrage. Ses caractéristiques de vocabulaire architectural, de matériaux comme de principes architectoniques lui sont propres. Cependant la perception des écritures n'est pas identique suivant les individus et les cultures, et de loin, il apparait donc utile de réfléchir à l'image d'eux même que les habitants vont se donner à travers le "look" du bâtiment qu'ils habitent. Soulignons encore que les populations captives des quartiers de relégations sociales vivent souvent douloureusement les signes de cette situation, certaines gesticulations architecturales s'y sont abusivement exprimées, des innovations sans suite et parfois hasardeuses ont bénéficié de la tolérance des bailleurs. Est il vraiment indispensable que ces lieux soient éternellement ceux de toutes les expérimentations débridées ? Il faudrait, considérant le souhait des habitants de vivre dans une situation désormais ordinaire, faire appel ici à la retenue et à l'usage, plus qu'ailleurs, de langages et de technologies maitrisés. Le principe de diversité, désormais bien inscrit dans le concept de renouvellement urbain, pour favoriser l'appropriation, l'échelle et la variété poétique qui dominent à nouveau une vision plus continue, voire organique de la ville, a amené les décideurs, aménageurs, comme les urbanistes a préconiser la variété de concepteurs afin de tendre vers cette diversité tant attendue. Contrairement à cette différentiation conceptuelle et scripturale recherchée, la qualité architecturale du "tout", de l'échelle urbaine : ilot, parcelle, ensemble quartier etc. se doit d'être plus cohérente. Le motif en est double, d'abord dans la conception urbaine partagée, reflet de la culture occidentale, la structure se fait autour de l'espace et du bâtiment public. La composition urbaine, par ailleurs bien plus permanente que celle des objets immobiliers, domine le "remplissage" des parcelles. Ainsi l'architecture de l'opération immobilière "privée" se soumet à la structure urbaine "publique". Ensuite, la hiérarchie des masses bâties, vision également culturelle mais constante, favorise le lieu unique collectif face aux objets courants et individuellement appropriés. Le bâtiment public est ainsi naturellement mis en scène, dans l'axe, en symétrie ou en front de rue. L'habitat, par contre, fait le continuum de la rue, il est ainsi contraint à une relative discrétion. La qualité architecturale de l'ensemble s'exprime avec d'autres dispositifs : ceux de l'alignement, des volumétries, des orientations, des perméabilités visuelles et praticables. Pour la servir, tous les outils du paysage urbain, au sol comme en volume, viennent conforter les cahiers de prescriptions pour les opérations immobilières. Le minimum de la conception urbaine est de veiller à la cohérence fonctionnelle du territoire, ainsi un ilot doit voir ses règles d'accessibilité préalablement fixées. Par exemple, les autos rentrent dans l'ilot, pour y rejoindre leur stationnement, les accès piétons sont organisés en extérieur sur les faces en contact avec l'espace public. On conçoit aisément qu'un mélange des situations (immeubles commandés par la voirie ou par l'ilot, automobiles croisant les cheminements et avoisinant les jeux d'enfants) aboutit à une perte de qualité à une dilution fonctionnelle de l'espace. La règle est donc une garantie pour chacun et la fabrication de marges partagées. Le grand ensemble, souvent à l'origine du quartier en renouvellement, avait renié ces principes puisque le bâtiment d'habitat était non seulement monumentalisé mais aussi normalisé donc peu différentié. Le dispositif est désormais inversé. Le risque consiste à n'avoir qu'une seule réponse : soit de généraliser les outils de la diversité et de laisser chacun faire son "œuvre" sans cohérence urbaine, soit de prédessiner toutes les opérations.Le rôle de l'urbaniste en chef est alors particulièrement difficile, le plan guide doit s'imposer avec force mais il faut également qu'il s'assure de la cohérence de chaque opération avec l'ensemble. Ecrivain des futurs potentiels avant les choix puis gardien de la continuité de l'approche urbaine dans le temps du changement, il est aussi comptable que chaque action s'inscrit en valorisation de l'ensemble. Le meilleur mode de travail est, pour cette dernière tache, celui de la négociation. toutes les options ne peuvent être prévues, et la force de la structure urbaine, comme la cohérence d'un ilot, peuvent être obtenues et renforcées par la coordination des différents acteurs. La tache de l'urbaniste en chef, présent avant et garant pendant le changement, le met dans une situation de coordinateur spatial. La mission qui lui est confiée doit asseoir son autorité, son habileté et son indépendance doivent le rendre respecté et écouté. C'est la condition des qualités urbaines et architecturales.

jeudi 23 juin 2011

Selon l'Insee, il n'y a pas de bulle dans l'immobilier

Article vu sur LEMONDE.FR avec Reuters | 17.05.11

Selon l'Insee, l'envolée des prix de l'immobilier en France ces dernières années semble davantage liée à la pénurie d'offre qu'à la spéculation financière. Le directeur général de l'Institut national de la statistique, Jean-Philippe Cotis, a ainsi estimé, mardi 17 mai, que la situation française diffère de celle des pays anglo-saxons, ou de l'Espagne.
Cette opinion tranche avec celle du Centre d'analyse stratégique (CAS), organisme dépendant du premier ministre, qui évoquait fin avril la création d'une "bulle" de l'immobilier en France, susceptible de se dégonfler avec des effets néfastes. Selonl'étude publiée mardi par l'Insee, les prix des logements anciens en France ont augmenté de 141 % sur la période 1998-2010, soit plus de trois fois plus vite que les revenus (+ 43 %).
Parallèlement, les loyers, qui sont encadrés, progressaient de 33 %, soit en moyenne 2,4 % par an : un rythme supérieur à celui de l'inflation. La courbe des prix immobiliers en France a ainsi connu jusqu'en 2007 une trajectoire relativement similaire à celle des Etats-Unis.
"RENTES DE RARETÉ PHYSIQUE"
Mais les deux marchés n'ont pas vécu la crise de la même façon : alors que les prix de l'ancien chutaient rapidement sur le marché américain pour retrouver dès 2009 un niveau proche de celui du début des années 2000, la correction en France a été limitée (- 7 % en 2009), et les prix sont vite repartis à la hausse (+ 6,3 % en 2010), tout comme le volume des transactions, quasiment revenu à son niveau d'avant-crise.
Pour autant, le niveau des prix en France ne résulte pas forcément de"déséquilibres financiers", a estimé Jean-Philippe Cotis lors d'une conférence de presse. "En France, on ne voit pas une envolée de l'investissement, un excès d'investissement dans l'immobilier qui aurait pu justifier une embardée comme celle qu'on a vue dans les pays anglo-saxons ou en Espagne", a-t-il dit. "On est plus du côté de la sphère réelle de l'économie et de la rareté physique que du côté de complications financières", a-t-il ajouté.
Selon les derniers chiffres de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), les mises en vente de logements en France ont diminué de 11 % au premier trimestre par rapport à la même période l'an dernier. Soulignant le rôle joué par la pénurie d'offre immobilière, Jean-Philippe Cotis a évoqué le niveau "relativement modeste"de l'investissement dans la construction. "La situation en France et au Royaume-Uni semblent donc refléter des rentes de rareté physique", a-t-il poursuivi, en notant que la faiblesse des taux d'intérêt avait eu des effets différents aux Etats-Unis et en Espagne, "où la dimension spéculative [est] clairement établie".

Quand revenus modestes et copropriété font mauvais ménage

Un article du monde / LEMONDE.FR | 22.06.11 | 19h36


L'accès à la propriété n'est pas toujours une sinécure, loin de là. Dans son documentaire intitulé "L'Enfer des petits copropriétaires", Caroline Benarrosh est partie à la rencontre, en Ile-de-France et en Bretagne, de petits propriétaires incapables de payer des charges écrasantes et confrontés à la vétusté, voire l'insalubrité de leur habitat.
Cette situation, Philippe Delaroa la connaît bien en sa qualité de directeur du PACT Paris, une association destinée à améliorer le confort et la salubrité des logements, et qui compte 148 antennes en France. Parmi ses interlocuteurs figurent nombre de personnes qui, faute de pouvoir accéder au parc locatif ou d'obtenir un logement social, n'ont eu d'autre option, pour se loger, que d'acheter là où les prix sont les plus bas. Pour eux, la copropriété n'est pas un choix...
En France, plus de la moitié des copropriétaires ont des revenus modestes, et bien souvent, "les charges sont oubliées des plans de financement". "Quand vous avez tout dépensé pour un achat, souvent à crédit, vous remettez l'entretien et les travaux à plus tard", explique Philippe Delaroa, qui parle de "spirale qui mène très vite à une dégradation". Il dénonce un manque d'information des acheteurs lors de la vente et la défaillance de certains syndics qui peinent à parvenir à une gestion correcte. Enfin, la dégradation des copropriétés est surtout à mettre sur le compte de l'appauvrissement de ses occupants, qui n'ont pas les moyens de prendre en charge la réparation des ascenseurs ou la remise en état de parties communes dégradées.
UNE NÉCESSAIRE INTERVENTION
Face à ces copropriétés en difficulté, estime Philippe Delaroa, "il faut mettre en place des mécanismes de redressement avant qu'il ne soit trop tard", à savoir que les bâtiments deviennent insalubres au point de devoir être rasés. Une extrémité qui coûte beaucoup plus cher aux collectivités territoriales que des plans de sauvegarde.
C'est pourquoi les pouvoirs publics s'engagent, notamment par l'intermédiaire de l'Agence nationale de l'habitat (ANAH). Créée en 1971, l'ANAH entend "mettre en œuvre la politique nationale de développement et d'amélioration du parc de logements privés existants" en accordant des subventions aux copropriétaires. Mais pour beaucoup d'entre eux, condamnés à rester dans un habitat qui se dégrade, cela reste encore très insuffisant.
Hélène David

jeudi 16 juin 2011

Pour une anthropologie de la mobilité : un livre de Marc Augé à lire







Pour une anthropologie de la mobilité Voir la quatrieme de couverture



Pour une anthropologie de la mobilité | Marc Augé

Genre : Philosophie
Collection : Manuels Payot
Grand format | 96 pages. | Paru le : 08-04-2009 | Prix : 12.00 €

GENCOD : 9782228904247 | I.S.B.N. : 2-228-90424-4
Editions : Payot






Nous ne vivons pas dans un monde achevé, dont nous n'aurions plus qu'à célébrer la perfection. L'idée même de démocratie est toujours inachevée, toujours à conquérir.
Il y a dans l'idée de globalisation, et chez ceux qui s'en réclament, une idée de l'achèvement du monde et de l'arrêt du temps qui dénote une absence d'imagination et un engluement dans le présent qui sont profondément contraires à l'esprit scientifique et à la morale politique.
Il nous faut ajourd'hui repenser la frontière, cette réalité sans cesse déniée et sans cesse réaffirmée. Il faut repenser la notion de frontière pour essayer de comprendre les contradictions qui affectent l'histoire contemporaine.
Une frontière n'est pas un barrage, c'est un passage. Les frontières ne s'effacent jamais, elles se redessinent. La frontière a toujours une dimension temporelle : c'est la forme de l'avenir et, peut-être, de l'espoir. Voilà ce que ne devraient pas oublier les idéologues du monde contemporain qui souffrent tour à tour de trop d'optimisme ou de trop de pessimisme, de trop d'arrogance dans tous les cas.

vendredi 29 avril 2011

Les HLM vus par les Français : vers la fin des stéréotypes ?

Un article du Moniteur

Les HLM vus par les Français : vers la fin des stéréotypes ?

Laurence Francqueville | 28/04/2011 | 18:20 | Logement

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© Phovoir-images
Façade de HLM
Contrairement aux idées reçues, le premier sondage d'opinion lancé par le mouvement HLM montre que la majorité des Français ont une bonne image des HLM. Et ont une vision assez claire et ambitieuse des missions des Offices, gestionnaires mais aussi bâtisseurs.

Créer une alerte sur ce sujet
58% des Français ont une "bonne image" des HLM, qui totalisent 4,2 millions de logements et abritent plus de 10 millions de Français. Ce chiffre atteint même 75% chez les personnes qui y habitent. C'est ce qui ressort du premier baromètre d'image (*) publié le 28 avril par l'Union sociale pour l'habitat (USH), qui regroupe l'ensemble des organismes HLM. Mais paradoxalement, l'image globalement perçue par les Français reste négative puisque 74% des personnes interrogées estiment que leurs compatriotes ont une mauvaise image des HLM.
Principal motif de satisfaction pour Thierry Repentin, président de l'USH et sénateur (PS), la reconnaissance du rapport qualité/prix des HLM, opinion qu'il estime tout à fait justifiée: « 30% des logements sociaux ont été construits après 1986, leur taille moyenne est de 69% (contre 66 m² dans le privé) et la quittance mensuelle moyenne est de 500 euros (soit deux fois moins que dans le parc privé dans les grandes agglomérations)». 74% des Français jugent ainsi que les HLM sont des lieux de vie comme les autres et 59% désapprouvent l'affirmation selon laquelle les HLM seraient des « ghettos ».
Le président se dit toutefois déçu de la perception globale qu'ont les Français de la qualité des logements HLM (consommation d'énergie, propreté, sécurité, ...) même si 72% d'entre eux considèrent qu'ils ont beaucoup progressé sur le plan architectural. M. Repentin rappelle ainsi que «la taille moyenne d'une opération est de 20 logements et que l'habitat individuel en ville ou en lotissement représente près de 30% de la production neuve. Que les logements sociaux affichent une consommation énergétique inférieure de 30% à celle du secteur résidentiel, que la consommation d'eau y est de 100/l/jour/habitant (contre 150 au niveau national), que la collecte sélective des déchets est en place dans 70% du parc (contre moins de 50% dans le privé) et que le parc HLM respecte mieux que le privé les réglementations de mise en sécurité, par exemple pour les ascenseurs (98% contre 94%) ».
« Je me réjouis de ces résultats. Ils montrent que les Français, loin des clichés souvent martelés sur les HLM, nourrissent une vision et des projets pour le logement social qui doivent pousser tous les acteurs à évoluer », affirme Thierry Repentin, qui prend note que les Français privilégient quatre priorités d'action pour le mouvement HLM : la réduction de la consommation énergétique, la construction de davantage de logements sociaux pour répondre à la demande, la rénovation des logements existants et la clarification des conditions d'attribution des logements. « Construire plus, construire mieux, demeure notre objectif prioritaire. Nous nous mobilisons sans relâche, dans un contexte de réduction drastique des crédits, pour contribuer à résorber la pénurie de logements. On ne peut rester sourd à l'appel de 80% de nos concitoyens qui estiment qu'il n'y a pas assez de logements sociaux en France », affirme M. Repentin.
Laurence Francqueville | Source LE MONITEUR HEBDO
(*)Sondage réalisé du 5 au 14 avril par TNS Sofres auprès d'un échantillon national de 1 000 personnes, représentatif de l'ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus (comprenant un peu moins de 200 locataires HLM), auquel a été ajouté un suréchantillon de 200 locataires HLM.

mardi 26 avril 2011

Nombre de métropoles de province ont compris quel appui peut représenter l'architecture pour leur image

Les architectes livrent bataille à Paris


LEMONDE | 23.04.11 | 14h58  •  Mis à jour le 24.04.11 | 19h47

Pour vivre heureux vivons cachés", sont conduits à se dire nombre d'architectes coincés entre un resserrement général des budgets et une avalanche de règlements aux conséquences inflationnistes. A l'occasion du dernier Marché international des professionnels de l'immobilier (MIPIM), qui se tenait au mois de mars à Cannes, le magazine d'architecture D'A résumait efficacement la situation : "S'il faut se réjouir de la participation croissante des architectes, le rôle se cantonne trop souvent à celui de faire-valoir." Bon nombre de métropoles de province ont compris quel appui peut représenter l'architecture pour leur image.
La situation parisienne et de plusieurs des villes de la première couronne - surtout à l'Ouest - reste à cet égard une étrangeté. Paris apparaît comme un microcosme où les tensions entre partisans d'une architecture audacieuse et défenseurs d'un patrimoine rêvé comme immuable peuvent devenir paroxystiques. L'innocente arrivée presque au chevet de Notre-Dame d'une soucoupe volante signée Zaha Hadid, qui servira d'extension à l'Institut du monde arabe (IMA), conduit à s'interroger sur les critères d'acceptabilité ou de refus des bâtiments contemporains.
C'est dans l'Est parisien que l'architecture contemporaine tend à s'ancrer le plus facilement. Facilité toute relative. Un petit tour dans le Marais et, au-delà, dans les 11e et 12e arrondissements de la capitale fait découvrir un drôle de monde, terriblement contraint par des limites de hauteur, des gabarits imposés, des parcelles quasi immuables depuis la nuit des temps, voire intouchables lorsqu'il s'agit des tracés dits "haussmanniens", hérités de la deuxième moitié du XIXe siècle.
On ne remarque presque plus l'inénarrable Opéra Bastille qui, en 1989, a propulsé son architecte, Carlos Ott, sur la scène internationale. Lourd et stupide rhinocéros, il poursuit sans urbanité sa sieste tranquille près du bassin de l'Arsenal. Mais, dans le même quartier, deux bâtiments de taille singulièrement modeste ont réveillé les passions. Le premier, dû à Thomas Corbasson et Karin Chartier, 74, rue Saint-Antoine, se présente comme une grande grille métallique qui, en lieu et place d'un minuscule "trou" urbain, cache onze appartements et une poissonnerie. Pas mal d'agilité, pas vraiment de génie ni de scandale. Pourtant les blogs se sont mis à crépiter, les uns criant au viol patrimonial, les autres s'extasiant sur un exploit qui paraîtrait banal à Berlin, Madrid ou Londres.
Le second côtoie immédiatement le pachyderme de la Bastille. La parcelle n'était pas plus grande ni plus confortable, et plus exposée encore au jugement populaire. A l'angle de la rue de Lyon et du boulevard de la Bastille, Jean Bocabeille et Ignacio Prego ont juste imaginé un petit flagship, modeste vaisseau coloré, dont le premier atout est de réparer une des cicatrices laissées par l'opération Opéra. Même bruit sur les blogs.
On ne les entend en revanche pas 91, rue de La Fontaine-au-Roi, où Brigitte Metra, une championne venue de chez Jean Nouvel, a livré soixante-deux logements étudiants, carrossés de volets rouges pétants, bien alignés sur la rue, en hauteur comme en longueur. Passé par la même école, Laurent Niget s'est installé en face, au 88. Pour faire exister quarante-six logements de même standing, il a donné un charmant caractère gothique (et rouge vif lui aussi) à un immeuble légèrement bedonnant. Le quartier, qui n'est donc pas tout à fait vitrifié, livre d'autres surprises, calmes et classiques, ou agressives à souhait, dans la lignée des logements construits par la RIVP sous la houlette de Michel Lombardini, ou, dans le même esprit d'ouverture, par La Poste.
Au tournant des années 1990, ces maîtres d'ouvrage ont contribué à faire émerger une génération douée à l'architecture éclectique. Emprisonné dans les règlements et contraintes, l'éclectisme est resté la loi, juxtaposant sobriété, exubérance, provocation, modestie forcée, jusqu'à rendre illisible les enjeux actuels de l'architecture.
Du coup, les attaques deviennent faciles dans les quartiers plus fermés. Alors que Zaha Hadid arrivait, une partie des habitants de l'Ouest parisien tentait de bloquer la construction par Frank Ghery de la Fondation Louis Vuitton sur une parcelle du bois de Boulogne. Même sanction pour le projet du stade Jean-Bouin, à une portée de canon du Jardin d'acclimatation, signé par un des plus brillants architectes français, Rudy Ricciotti, ou pour le projet d'extension de Roland-Garros de Marc Mimram.
Dans cet Ouest lointain, l'architecture apparaît en déroute. La nouvelle comme la moins neuve. De lourdes menaces pèsent sur un des rares édifices survivants du trapèze des usines Renault à Boulogne : le 57 Métal, construit en 1984 par Claude Vasconi (1940-2009), vitrine du groupe remise au goût du jour par l'universel Jean-Michel Wilmotte. Un sort comparable attendrait l'Ecole d'architecture de Nanterre construite en 1972 par Jacques Kalisz (1926-2002). Pour sauver ces deux bâtiments, les pétitions vont bon train mais les associations qui les défendent, réunissant davantage d'architectes que d'électeurs, risquent de ne pas peser le même poids dans le coeur des édiles.
Frédéric Edelmann Article paru dans l'édition du 24.04.11

mercredi 9 mars 2011

Contribution sur la maitrise d'œuvre urbaine en projet de renouvellement


L'idée permanente selon laquelle le projet pour être mené à bien et coordonné efficacement doit être conduit par un urbaniste en chef, missionné sur la durée et investi de la confiance du décideur – porteur du projet, doit sinon être vérifiée, au moins analysée.

Il apparaît, à la suite d'entretiens avec des maitres d'œuvre urbains et de constats de terrain que le principe est plus complexe que formulé plus haut.
On notera que, lors de nos investigations, seuls 40% des maitres d'œuvre étaient encore missionnés au moment de l'entretien.
Signalons la confirmation du principe cité plus haut : 
Dès que la mission du concepteur prend fin et n'est pas confiée à un autre urbaniste d'autorité, les désordres dans la mise en ordre des opérations immobilières comme dans l'espace public sont beaucoup plus fréquents. La conception de chaque objet domine alors rapidement la cohérence urbaine et affaiblit la recomposition en cours. La qualité globale du renouvellement en souffre d'évidence. 
Si le concepteur initial se laisse cantonner à la fonction d'expression des priorités de chacun, sans soit scénariser les futurs possibles, soit sans expliciter les choix à faire, la stratégie de renouvellement se dilue rapidement. Dans nombre de cas la radicalité du projet, gage d'efficacité est initialement portée avec vigueur par le concepteur. 
La faiblesse des cahiers des charges, voire leur absence, débouche inévitablement sur un affaiblissement des principes de régénération du site et une dispersion des priorités.
Signalons comme infirmation ou nuance :
· Dans un des cas, le cap est tenu par le maitre d'ouvrage, cet élément n'apparaît pas immédiatement mais à la lecture spatiale et durant les explications des acteurs, on constate une forte diversité d'intervenants maitres d'œuvre, tous de qualité, mais sans autorité l'un sur l'autre. L'exception ne s'explique que par la présence historique et influente d'un homme de l'art, ayant construit et structuré la stratégie menée par les élus. De plus une maitrise d'ouvrage fortement aguerrie (ville et bailleur) cadre fortement le processus.
· Dans un autre cas , la présence du maitre d'œuvre est tellement forte qu'il nous a semblé que la maitrise d'ouvrage risquait le manque de recul.
En conséquence, il apparaît que :
· La maitrise d'œuvre ne peut se substituer à la maitrise d'ouvrage, mais elle participe à sa mise en compétence et sa conscience des différents aspects du projet. Souvent c'est elle qui tient l'histoire du projet, et par sa maitrise des éléments graphiques décrit seule le déroulement logique des arbitrages spatiaux.
· La maitrise d'ouvrage ne peut jamais se substituer à la maitrise d'œuvre. Au mieux elle peut l'organiser et donc la démultiplier, mais cela demande une compétence considérable et des individus de grande valeur et en maturité, vis à vis des édiles.
· Le fractionnement de la maitrise d'œuvre urbaine (conception, mission de suivi des projets, maitrise d'œuvre des espaces publics, tenue du plan directeur) représente un risque important d'effondrement de la qualité urbaine. Celui ci ne doit être pris qu'en cas de divergences importantes et d'impossibilités d'œuvrer harmonieusement vers le projet. En tous cas, la mission doit être effectuée, si possible par un acteur extérieur aux porteurs et impérativement par un professionnel de l'espace (urbaniste assurément mais d'origine architecte ou paysagiste, averti de la conception)
· Le rôle de l'urbaniste en chef demande aux architectes de se défaire de la prédominance de maitrise d'œuvre architecturale. Le métier est spécifique et exige une attitude orientée vers la globalité du projet et la cohérence de l'action sur le territoire. De plus, il demande autorité et pédagogie. Une bonne partie de la mission consiste à accompagner la maitrise d'ouvrage dans la définition des priorités du projet, puis à maintenir le cap durant les périodes, normales, de remise en question des éléments du projet. Un autre pan de la fonction comprend la défense du projet urbain face aux maitrises d'œuvre spécifiques, immobilières ou paysagères, même et surtout celles des services techniques.
En conclusion,
· Le rôle de l'urbaniste en chef est difficile et long, voire parfois frustrant (face à la maitrise d'œuvre immobilière) mais indispensable pour la cohérence et la qualité urbaine.
· La conception ne s'arrête pas à la fabrication du plan guide, elle se décline tout au long du renouvellement physique. Le projet doit être réinterrogé en permanence.
· Il y aurait intérêt à jumeler la conception urbaine désormais bien synchronisée avec la conception immobilière, grâce aux cahiers des charges, à la conception de la gestion urbaine sous des processus à expérimenter.
· Si tous les urbanistes en chef, nous sont apparus toujours très passionnés, une majorité exprimait un sentiment d'insatisfaction sur les arbitrages rendus et parfois sur les suites données à leurs missions (indépendamment des marchés non renouvelés). La frustration de n'avoir pu maitriser totalement le processus, préoccupation forte qui est cohérente avec l'aspiration commune des architectes à l'œuvre complète et achevée, explique sans doute ce sentiment. Cependant, la formulation fréquente de "gâchis" dans la mise en œuvre du projet n'est pas à balayer.
· Si les chefs de projet et les opérateurs immobiliers Hlm, ont désormais la possibilité de se former grâce à l'Ecole de la Rénovation Urbaine, il n'en est pas de même des acteurs de la maitrise d'œuvre urbaine. L'expérience personnelle prévaut, elle est souvent de grande qualité mais les acquis de la décennie sont forts nombreux et peu mis en commun par professionnels de la maitrise d'œuvre urbaine. Les équipes maitrisent un excellent niveau théorique et des capacités professionnelles importantes, il y aurait cependant intérêt à ce que la génération montante puisse capitaliser autrement que strictement dans l'agence d'emploi.


La gradation de l'autorité déployée par le concepteur urbain, dans notre ressenti, a des effets différents suivant le portage de la maitrise d'ouvrage, tant de la ville que des bailleurs – opérateurs.
Si l'on décrit le spectre des personnalités et mission les extrêmes sont tenus par :
· Le "maitre" ayant analysé et sachant ce qui est nécessaire et fabricant un discours complet sur la totalité du territoire avec une vision fortement globalisante. Il maitrise directement le processus, sa mise en œuvre et sa communication.
· Le bureau d'étude missionné pour tracer un plan d'action, avec quelques options et dont le travail est essentiellement porté par l'analyse de la maitrise d'ouvrage. De fait il n'interroge pas la stratégie urbaine, parfois implicite, de la collectivité. Sa position ne se justifie que pour faire un "dossier ANRU"
Au milieu de ces postures se trouvent les acteurs méthodiques et attentifs qui construisent une analyse urbaine rigoureuse, un diagnostic multidisciplinaire, fabriquent des scénarisations subtiles pour que les acteurs s'approprient le processus et l'imprègnent de leurs valeurs. Ils conduisent le projet avec opiniâtreté dans un rapport de complémentarité avec le chef de projet. Leurs qualités sont apparemment contradictoires, fermeté et écoute des partenaires, défenseur du plan guide et de la qualité publique mais ouverts aux évolutions et capables de saisir toutes les opportunités. Souvent ce travail est effectué par un binôme, patron d'agence et chargé de projet, capitalisant ainsi les avantages des deux profils.
Signalons également des cas de figure spécifiques, ceux ou la mission est partagée entre plusieurs bureaux. Ce formidable démultiplicateur ne fonctionne cependant que dans le cas de maitrises d'ouvrage puissantes et dotées de permanence sure (collectivité, bailleur et aménageur). D'évidence ce modèle peut fonctionner mais il ne peut être généralisé. Sa cohérence ne se justifie que quand le territoire est déjà appréhendé et géré avec ce système. Notons également qu'il ne peut être aussi performant économiquement que le processus courant complet, car il nécessite d'importants moments de transmission.

mardi 8 mars 2011

Tous propriétaires : la fin d'un mythe

LE MONDE ECONOMIE | 07.03.11 | 16h31 • Mis à jour le 07.03.11 | 17h41




La "une" du "Monde Economie" du 8 mars 2011.
La "une" du "Monde Economie" du 8 mars 2011.DR

Quand cela va-t-il s'arrêter ? Une interrogation qui taraude les Français devant la flambée des prix dans la capitale, de 146 % depuis 2000, et de 17,5 % pour la seule année 2010.
A l'échelon national, la hausse moyenne, en 2010, est de 9,5 % et, en Ile-de-France, de 12,1 %. En dix ans, les prix ont plus que doublé (+109 %), tandis que les revenus, eux, ne progressaient que de 45 %.
"Il est urgent de stabiliser le prix des logements, comme c'est le cas en Allemagne depuis longtemps, et de revenir à une corrélation avec les revenus", demande Christian Lefebvre, président de la chambre des notaires de Paris, dans une tribune publiée dans Les Echos, une revendication plutôt rare de la part d'un professionnel de l'immobilier.
Les associations de locataires, comme Consommation, Logement, Cadre de vie (CLCV) ou la Fondation Abbé-Pierre réclament, plus précisément, un encadrement ou un plafonnement des loyers.
Une politique de maîtrise des prix serait d'ailleurs très populaire, car l'accès de plus en plus difficile au logement inquiète les Français, comme le montre le sondage réalisé par TNS Sofres pour Nexity, publié le 22 février (réalisé les 3 et 4 janvier, auprès de 1 000 personnes représentatives de la population).
Les Français s'y montrent de plus en plus pessimistes, puisque seules 16 % des personnes interrogées estiment que la situation du logement va s'améliorer, la plus faible proportion depuis six ans.
ACCESSION A LA PROPRIÉTÉ CONTRARIÉE
En dépit des exhortations présidentielles, l'accession à la propriété progresse peu en France, précisément contrariée par la hausse des prix. Elle recule même dans les classes populaires, puisque le taux de propriétaires parmi les 30 % des ménages les plus pauvres a dégringolé, de 46 % en 1981 à 33 % en 2007, tandis que parmi le tiers des ménages les plus riches, il progressait, dans le même temps, de 51 % à 70 %.
Selon l'observatoire CréditLogement, acheter sa résidence principale coûte en moyenne 4,6 années de revenus en 2010, contre 3,2 seulement fin 2000. La cherté des logements angoisse les jeunes, qui désespèrent de devenir propriétaires, et pénalise l'attractivité économique d'un pays, d'une ville.
Le fait, par exemple, de pouvoir se loger facilement et à prix raisonnable en Allemagne est l'un des éléments de la compétitivité économique de ce pays.
En France, certaines villes trop chères, sur la Côte d'Azur ou près de la Suisse, peinent à attirer salariés et fonctionnaires, bien utiles pour faire fonctionner la cité. Marc Daunis, sénateur et maire (PS) de Valbonne (Alpes-Maritimes), remarque que "nombre de fonctionnaires refusent de venir travailler chez nous à cause de la cherté des logements".
Les classes moyennes sont donc chassées des centres-villes et vont se réfugier en périphérie, où elles propagent la hausse des prix et contribuent à l'étalement urbain. Le phénomène est clairement visible en Ile-de-France, avec une contagion de l'inflation immobilière du centre, Paris, vers sa grande banlieue.
Jamais, cependant, les Français n'ont tant acheté, puisque le nombre de ventes, en 2010, devrait dépasser 760 000, pas loin du record de 2007 (820 000). Ce paradoxe repose sur trois éléments.
Parmi les acheteurs, la part de ceux qui sont déjà propriétaires et revendent pour acheter ne cesse d'augmenter. Ces "secundo-accédants", totalement ou partiellement immunisés contre l'inflation immobilière, représentent deux acheteurs sur trois dans le marché de l'ancien.
VANNES DU CRÉDIT

Ce n'est pas un hasard si les pays qui ont connu une très forte poussée des prix des logements sont aussi ceux où la proportion de propriétaires est la plus forte, comme au Royaume-Uni (68,5 %), en Norvège (75,8 %), en Irlande (77,7 %), en Islande (82,5 %), en Espagne (83,3 %) et en Hongrie (86,5 %).
La France occupe une position médiane, avec 57,2 % de propriétaires, tandis que l'Allemagne (44 %) n'a pas subi de telle hausse. Le lien entre instabilité des prix et taux de propriétaires n'est cependant pas mécanique.
Un deuxième facteur, plus puissant encore, est l'ouverture des vannes du crédit avec, en 2010, les taux les plus bas depuis quinze ans, un emprunteur pouvant décrocher un crédit sur 20 ans à 3,5 %.
L'allongement de la durée des emprunts a aussi un fort effet solvabilisateur : selon Créditlogement, les emprunteurs des années 2000 s'endettaient pour 15 ans en moyenne, et plus de 17,5 ans aujourd'hui. Et plus d'un quart des acquéreurs, notamment les jeunes, s'endettent pour plus de 25 ans, alors qu'ils n'étaient que 0,8 % en 2000.
Devenir propriétaire en France n'est donc possible qu'au prix d'un endettement massif des ménages, passé, selon l'Insee, de 53,2 % du revenu disponible en 2000 à 77,3 % fin 2010. C'est moins que nos voisins, notamment anglais, endettés à plus de 140 %, ou espagnols (124,2 %), mais l'augmentation reste spectaculaire.
L'inflation immobilière galopante et son corollaire, de lourdes dettes pesant sur le budget des ménages, n'est pas l'apanage de la France. Un rapport de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), paru le 25 janvier, s'interroge sur les méfaits de la hausse de l'immobilier dans la plupart des quarante pays membres, où la déréglementation financière, avec un accès trop facile au crédit, aurait à elle seule majoré le prix des logements dans des proportions allant jusqu'à 30 %.
Lorsque s'y ajoutent des incitations fiscales, comme la déduction des intérêts d'emprunts, ce qui était le cas en France jusqu'à fin 2010 et qui existe encore aux Etats-Unis, le phénomène s'aggrave encore.
En outre, aucun pays ne taxe le revenu fictif d'un propriétaire occupant, dispensé de payer un loyer. Ce qui déséquilibre le marché au détriment de la location. "Ces incitations orientent inconsidérément l'épargne vers le logement plutôt que d'autres placements, et les allégements fiscaux sont, en fait, capitalisés dans le prix des biens, alimentant la hausse", analyse Giuseppe Nicoletti, coordonnateur de l'étude.
LA TRÈS LIBÉRALE OCDE
La pourtant très libérale OCDE recommande donc de ne pas trop favoriser la propriété au détriment de la location privée ou sociale, mais ne fournit pas la recette. Le dogme du "tous propriétaires" chancelle.
Comment, alors, maîtriser la hausse des prix ? La solution pourrait venir de Chine, elle-même confrontée à une intense spéculation immobilière très impopulaire, que le gouvernement tente de juguler depuis deux ans.
Wen Jiabao, le premier ministre, a ainsi annoncé, le 27 février, vouloir maîtriser "les chevaux sauvages de l'immobilier". Il promet de créer, en cinq ans, 36 millions de logements à prix abordable, dont 10 millions dès 2011.
Pour lutter contre la hausse des prix, alimentée par des prêts à taux très bas et la spéculation, il exige que, pour l'achat d'une résidence secondaire, l'acquéreur finance 60 % du prix du bien sur ses fonds propres, et il entend taxer les logements vides. Shanghaï et Chongqing, les deux plus grandes métropoles, ont déjà créé une taxe de 0,4 % à 1,2 % de la valeur d'un logement laissé vide.
Sur le front du crédit, toutes sortes de dispositions peuvent être envisagées pour refermer le robinet : exiger, comme en Chine, un apport personnel conséquent, limiter la durée des prêts, et augmenter les taux, ce dont la conjoncture se charge depuis décembre 2010, puisque les prêts à l'habitat se sont déjà renchéris de 50 points de base (+0,5 %).
Construire plus et créer des logements sociaux, à condition de les réserver aux plus défavorisés, contribuerait aussi à détendre le marché ; faciliter la vente et l'achat, en réduisant les droits de mutation et tous les freins à la mobilité des ménages, lui donnerait encore un peu plus de fluidité.
Dans leur rapport, les experts de l'OCDE invitent donc les Etats à remettre sérieusement en cause leur soutien sans mesure à l'accession à la propriété.

Isabelle Rey-Lefebvre, avec Harold Thibault (à Shanghaï)



"La hausse continue dégrade le pouvoir d'achat des jeunes générations"

LE MONDE ECONOMIE | 07.03.11 | 16h20

La "une" du "Monde Economie" du 8 mars 2011.
La "une" du "Monde Economie" du 8 mars 2011.DR

Jean-Pierre Petit, comment expliquez-vous l'envolée mondiale des prix de l'immobilier, puis leur crash dans certains pays ?
Depuis vingt ans, le monde vit dans une économie de bulle. Nous passons d'une bulle à l'autre : Internet, immobilier, pétrole... Elles peuvent durer très longtemps, surprendre par leur ampleur, exploser ou se dégonfler plus lentement.
Ces bulles ne sont pas des anomalies mais des éléments régulateurs du capitalisme patrimonial et mondialisé, favorisant la hausse des prix des actifs tout en refusant l'inflation traditionnelle, celle des biens et des services.
Après la crise des subprimes et la faillite de Lehman Brothers (à l'automne 2008), les gouvernements et les banques centrales ont donc tout fait pour "reflater" (regonfler) les prix des actifs. Dans une économie financiarisée, une telle reflation est essentielle pour restaurer le bilan des banques, réduire le coût du capital, alimenter les effets de richesse, redonner de la confiance... même si cette politique est souvent très inégalitaire et ne sanctionne pas les fautifs.
En France, où la valeur de l'immobilier (surévaluée) est encore déconnectée du niveau des revenus des ménages et même des loyers, un effondrement violent des prix est en revanche peu envisageable - sauf en cas de krach obligataire (une remontée brutale des taux d'intêrêt à long terme) - car il n'y a pas eu de bulle de construction au cours des dernières années. Un tel processus ne serait d'ailleurs pas souhaitable car cela ferait entrer l'économie en déflation, le repoussoir ultime en économie.
Le déficit de logements explique-t-il la résistance des prix ?
Une bulle se nourrit toujours des fondamentaux avant de s'alimenter elle-même. Le déficit français de logements est assez "logique". Il est vrai que l'offre de logement est restée plus rigide en raison, notamment, des règles d'urbanisme.
Mais la financiarisation du logement et les aides à l'accession ont soutenu, en partie artificiellement, la demande. La durée moyenne des prêts a doublé en moins de quinze ans, tandis que les taux sont passés d'environ 10 % par an à jusqu'à 3 % récemment.
La politique des pouvoirs publics alimente par ailleurs le processus de hausse en cherchant de façon quasi permanente à resolvabiliser la demande, notamment par les prêts à taux zéro aujourd'hui.
De telles incitations relèvent du court-termisme électoraliste. Au contraire, l'objectif public devrait être de lisser dans le temps l'évolution des prix, car les bulles immobilières sont particulièrement destructrices en termes financiers, économiques et sociaux, comme on l'a vu aux Etats-Unis ou en Irlande.
Pourquoi analysez-vous cette bulle comme un transfert intergénérationnel injuste ?
La hausse quasi continue, depuis treize ans, des prix des logements en France ne s'inscrit pas dans l'indice des prix à la consommation, mais elle ne doit pas induire en erreur : elle dégrade le pouvoir d'achat des jeunes générations.
Aujourd'hui, le niveau de vie moyen des retraités est supérieur à celui des actifs, si l'on inclut les loyers que ne paient pas les propriétaires. En effet, les retraités sont davantage propriétaires que les actifs.
De plus, les actuels retraités ont bénéficié, lorsqu'ils étaient actifs, d'une forte croissance des salaires réels et de réformes qui, jusqu'aux années 2000, ont été plutôt favorables aux niveaux futurs des pensions. Et ils ont acheté leurs logements bon marché.
A diplôme équivalent, les jeunes ont aujourd'hui des salaires moins intéressants. Ils sont aussi plus frappés par la précarité et le chômage de masse. Les prélèvements obligatoires touchent relativement davantage leurs revenus que ceux d'un retraité propriétaire. Au surplus, on leur lègue le fardeau de la dette publique.
Le marché peut-il se retourner et leur permettre d'accéder à la propriété à moindre coût ?
Si les taux à long terme progressent de façon forte et prolongée, la valeur des biens immobiliers peut baisser. Des opportunités leur seraient ainsi offertes (si la chute est très violente). C'est le seul vecteur de retournement rapide des prix.
Propos recueillis par Adrien de Tricornot

Parcours

2011 Jean-Pierre Petit est président depuis 2010 des Cahiers verts de l'économie, un cabinet de recherche macroéconomique et en stratégie d'investissement.
2009 Il est directeur de la recherche de la société de Bourse Exane-BNP Paribas depuis 1999, après avoir été économiste à la BNP et à la Banque de France.
2003 Il signe La Bourse, rupture et renouveau (éd. Odile Jacob).
2002 Il est élu meilleur économiste de marché et le sera tous les ans jusqu'en 2007 inclus.


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lundi 7 février 2011

la recherche de "dents creuses" et de mètres carrés "aériens"

Les idées iconoclastes de M. Le Guen pour le logement à Paris
LEMONDE | 05.02.11 | 14h26  •  Mis à jour le 05.02.11 | 14h20

 
A Paris, la crise du logement prend un tour dramatique : les loyers ont doublé en dix ans et le prix moyen du mètre carré frôle les 8 000 euros. Confrontés aux difficultés croissantes des Parisiens à habiter la capitale, la Mairie et l'Etat se renvoient la balle. Le sujet devient un enjeu de la bataille interne au PS en vue de la succession de Bertrand Delanoë aux municipales.
Jean-Marie Le Guen, député (PS) du 13e arrondissement, est passé à l'offensive. Dans une lettre de 13 pages, qu'il s'apprête à adresser aux élus et militants de gauche, que Le Monde s'est procurée, l'élu strauss-kahnien - qui n'écarte pas l'idée de se présenter à la Mairie en 2014 - estime "nécessaire de renouveler notre diagnostic" et de dépasser "les anciennes recettes".
Vice-président chargé de la santé dans l'exécutif municipal, M. Le Guen salue l'effort de M. Delanoë qui s'est engagé, en 2008, à financer 6 000 logements sociaux par an. Mais il considère que "cette crise n'est pas seulement celle du logement social. (...) La solution passe par une offre globale", qui permette aux classes moyennes de "rester et même de revenir à Paris" : sur ce point, M. Le Guen enfourche une thématique qui n'est pas éloignée de celle de l'UMP parisienne.
Selon lui, la Ville ne se donne pas assez pour "priorité" "la construction de logements et notamment à l'ouest". Chaque année, "2 000 à 3 000 logements neufs sont construits contre 4 000 à 5 000 dans la décennie 1990", rappelle M. Le Guen.
Certes, M. Delanoë interpelle régulièrement l'Etat, en vain, pour qu'il vende à la Ville ses terrains désaffectés ou en friche. Ces emprises publiques représentent un potentiel de 6 200 logements. Mais d'autres gisements fonciers existent, assure M. Le Guen.
Le 16e arrondissement ne compte que 19 000 habitants au km2 contre 41 000 dans le 11e. Il est possible, plaide M. Le Guen, de densifier les beaux quartiers. Il cite pour "exemple" l'avenue Foch. Artère la plus large de Paris, de l'arc de Triomphe au bois de Boulogne, elle est flanquée de deux immenses terre-pleins qui séparent la chaussée les immeubles cossus et les hôtels particuliers qui la bordent. De chaque côté de l'avenue, pourraient être construits deux bâtiments de six étages, soit 2 000 logements. Ils s'ajouteraient aux quelque 17 000 logements que la Ville a programmés d'ici à 2020, principalement sur les pourtours de Paris (ZAC Paris-Rive gauche, Batignolles...)
"Dents creuses"
Pour M. Le Guen, la Mairie ne se montre pas assez entreprenante dans la recherche de "dents creuses" et de mètres carrés "aériens". Il suggère ainsi de surélever d'un étage certains immeubles anciens. Selon une étude de l'urbaniste Michel Cantal-Dupart, cette solution appliquée dans 12 arrondissements de Paris - du 9e au 20e - dégagerait 466 000 m2. Ce qui suppose, indique M. Le Guen, que la Mairie incite fiscalement les copropriétés à rehausser leur toit.
M. Le Guen défend une autre idée iconoclaste au PS : encourager les propriétaires de bureaux à quitter la capitale pour s'installer à la périphérie. Selon lui, la compétition entre Paris et ses voisins pour garder sièges sociaux et entreprises n'a plus lieu d'être dans le cadre du Grand Paris et depuis la suppression de la taxe professionnelle.
Paris compte "3 millions d'emplois pour deux millions d'habitants". Cela crée un "déséquilibre avec le reste de l'agglomération", plaide-t-il. Si 32 % des Parisiens travaillent à l'extérieur de Paris, plus de la moitié des personnes qui ont un emploi dans la capitale n'y habitent pas. Déplacer les bureaux à l'est, au-delà du périphérique, réduirait les trajets Paris-banlieue et permettrait de mieux loger les Parisiens. Dans le 2e, 6e, 7e, 9e, il est possible de "doubler voire tripler le nombre de logements en incitant tous les cabinets d'avocats ou de finance ou de gestion" à quitter les quartiers centraux.
M. Delanoë, de son côté, se dit fier de "l'attractivité" de la capitale qui compte "16 millions de m2" de bureaux. Il s'engage à en "produire" 2 millions supplémentaires d'ici à 2020.
Béatrice Jérôme Article paru dans l'édition du 06.02.11

dimanche 6 février 2011

Les idées iconoclastes de M. Le Guen pour le logement à Paris

Article du monde du 5 février 11

LEMONDE | 05.02.11 | 14h26  •  Mis à jour le 05.02.11 | 14h26Imprime
 
A Paris, la crise du logement prend un tour dramatique : les loyers ont doublé en dix ans et le prix moyen du mètre carré frôle les 8 000 euros. Confrontés aux difficultés croissantes des Parisiens à habiter la capitale, la Mairie et l'Etat se renvoient la balle. Le sujet devient un enjeu de la bataille interne au PS en vue de la succession de Bertrand Delanoë aux municipales.
Jean-Marie Le Guen, député (PS) du 13e arrondissement, est passé à l'offensive. Dans une lettre de 13 pages, qu'il s'apprête à adresser aux élus et militants de gauche, que Le Monde s'est procurée, l'élu strauss-kahnien - qui n'écarte pas l'idée de se présenter à la Mairie en 2014 - estime "nécessaire de renouveler notre diagnostic" et de dépasser "les anciennes recettes".
Vice-président chargé de la santé dans l'exécutif municipal, M. Le Guen salue l'effort de M. Delanoë qui s'est engagé, en 2008, à financer 6 000 logements sociaux par an. Mais il considère que "cette crise n'est pas seulement celle du logement social. (...) La solution passe par une offre globale", qui permette aux classes moyennes de "rester et même de revenir à Paris" : sur ce point, M. Le Guen enfourche une thématique qui n'est pas éloignée de celle de l'UMP parisienne.
Selon lui, la Ville ne se donne pas assez pour "priorité" "la construction de logements et notamment à l'ouest". Chaque année, "2 000 à 3 000 logements neufs sont construits contre 4 000 à 5 000 dans la décennie 1990", rappelle M. Le Guen.
Certes, M. Delanoë interpelle régulièrement l'Etat, en vain, pour qu'il vende à la Ville ses terrains désaffectés ou en friche. Ces emprises publiques représentent un potentiel de 6 200 logements. Mais d'autres gisements fonciers existent, assure M. Le Guen.
Le 16e arrondissement ne compte que 19 000 habitants au km2 contre 41 000 dans le 11e. Il est possible, plaide M. Le Guen, de densifier les beaux quartiers. Il cite pour "exemple" l'avenue Foch. Artère la plus large de Paris, de l'arc de Triomphe au bois de Boulogne, elle est flanquée de deux immenses terre-pleins qui séparent la chaussée les immeubles cossus et les hôtels particuliers qui la bordent. De chaque côté de l'avenue, pourraient être construits deux bâtiments de six étages, soit 2 000 logements. Ils s'ajouteraient aux quelque 17 000 logements que la Ville a programmés d'ici à 2020, principalement sur les pourtours de Paris (ZAC Paris-Rive gauche, Batignolles...)
"Dents creuses"
Pour M. Le Guen, la Mairie ne se montre pas assez entreprenante dans la recherche de "dents creuses" et de mètres carrés "aériens". Il suggère ainsi de surélever d'un étage certains immeubles anciens. Selon une étude de l'urbaniste Michel Cantal-Dupart, cette solution appliquée dans 12 arrondissements de Paris - du 9e au 20e - dégagerait 466 000 m2. Ce qui suppose, indique M. Le Guen, que la Mairie incite fiscalement les copropriétés à rehausser leur toit.
M. Le Guen défend une autre idée iconoclaste au PS : encourager les propriétaires de bureaux à quitter la capitale pour s'installer à la périphérie. Selon lui, la compétition entre Paris et ses voisins pour garder sièges sociaux et entreprises n'a plus lieu d'être dans le cadre du Grand Paris et depuis la suppression de la taxe professionnelle.
Paris compte "3 millions d'emplois pour deux millions d'habitants". Cela crée un "déséquilibre avec le reste de l'agglomération", plaide-t-il. Si 32 % des Parisiens travaillent à l'extérieur de Paris, plus de la moitié des personnes qui ont un emploi dans la capitale n'y habitent pas. Déplacer les bureaux à l'est, au-delà du périphérique, réduirait les trajets Paris-banlieue et permettrait de mieux loger les Parisiens. Dans le 2e, 6e, 7e, 9e, il est possible de "doubler voire tripler le nombre de logements en incitant tous les cabinets d'avocats ou de finance ou de gestion" à quitter les quartiers centraux.
M. Delanoë, de son côté, se dit fier de "l'attractivité" de la capitale qui compte "16 millions de m2" de bureaux. Il s'engage à en "produire" 2 millions supplémentaires d'ici à 2020.
Béatrice Jérôme Article paru dans l'édition du 06.02.11